Archives de l'ULB
Bibliothèque d'Architecture
Bibliothèque de Droit
Bibliothèque des Sciences de la Santé
Bibliothèque des Sciences et Techniques
Bibliothèque des Sciences Humaines
Réserve précieuse
EZ-Proxy
 
Utiliser les ressources
Utiliser les Services
Besoin d'aide ?
A propos des Bibliothèques
Liens
 

Bibliothèques de l'ULB > Bibliothèques > Réserve précieuse > Collections > Cabinet André Fontainas

-A A A+ imprimer

Cabinet André Fontainas

Rien ne pouvait être plus réjouissant, à l'occasion de la célébration du 175e anniversaire de la fondation de l'Université libre de Bruxelles, que de pouvoir saluer et fêter le retour  dans ses murs de l'un de ses enfants les plus brillants - et des plus réservés cependant -, dont la vie, l'oeuvre et l'action restent encore à découvrir ...

 

 Fonds

 Biographie

 Oeuvres

 Bibliographie

 

 André Fontainas revient à Bruxelles 

Le fonds André Fontainas

Le poète André Fontainas, malgré une incessante activité critique et littéraire partagée entre Bruxelles et Paris restera, durant sa longue et laborieuse existence, un homme modeste et discret alors que ce ne sont ni les titres de gloire ni les amitiés d’écrivains célèbres qui lui feront défaut.


C’est ce que donne à voir l’imposant ensemble de livres dédicacés, de correspondances littéraires, de manuscrits et d’objets d’art ayant égayé son existence, déposé depuis peu au sein de la Réserve précieuse des Bibliothèques de l’ULB.


Grâce à l’entremise de Pascal de Sadeleer, à la générosité d’Adrienne Thibaut de Maisières, nièce d’André Fontainas et suivant les dispositions testamentaires de sa fille Anne-Romaine, l’univers de travail de l’écrivain est rappelé dans les locaux de la Réserve précieuse.


L’arrivée de ce nouveau fonds littéraire représente un indéniable enrichissement pour notre université. Il vient compléter les ensembles déjà constitués autour des mouvements de la renaissance littéraire belge au XIXe siècle et de la riche bibliothèque du poète Max Elskamp.

Qui était André Fontainas ?

Né à Bruxelles, le 5 février 1865, fils aîné de Charles Fontainas, avocat près la Cour de Bruxelles et échevin de l’instruction publique de la Ville de Bruxelles, petit-fils d’André-Napoléon Fontainas, bourgmestre de Bruxelles de 1860 à 1863, André Fontainas, descendant d’une vieille famille auvergnate ayant donné à la Belgique plusieurs fonctionnaires de haut rang, possède la nationalité belge, grâce aux services rendus par ses aïeux. S’il meurt Français à Paris le 8 décembre 1948, c’est qu’en raison de circonstances familiales, il doit y suivre son père dès 1877. Ils y  reprennent alors la nationalité française et le jeune André entre au lycée Fontanes – bientôt rebaptisé lycée Condorcet – pour y entamer le cycle de ses études secondaires supérieures. C’est là que la vocation littéraire naît en lui, ce qui n’étonne guère à en juger par l’énoncé du nom de ceux qui, parmi ses condisciples, vont devenir de futures gloires de la poésie symboliste : Rodolphe Darzens, René Ghil, Ferdinand Herold, Stuart Merrill, Ephraïm Mikhaël, sans oublier leur professeur d’anglais, un certain Stéphane Mallarmé. Un tel milieu ne pouvait que stimuler la fibre poétique qui s’épanouit dans le cœur et l’âme de ce jeune homme fasciné par la poésie.


Sans attendre d’avoir conquis leur « bachot », ces jeunes plumes fondent une petite revue lithographiée malicieusement intitulée Le Fou. La première livraison paraît le 26 février 1883, sous l’invocation de Victor Hugo.


L’animation de leur revue accapare tellement les jeunes rhétoriciens que, bientôt, leurs résultats s’en ressentent. Le proviseur s’en émeut. La confection du journal est aussitôt interdite dans l’enceinte du lycée… Mais les abonnements suivent et, finalement, douze numéros de quatre pages paraissent entre février et juin 1883. On y relève notamment les collaborations sous pseudonymes de René Ghil, de Pierre Quillard, de Stuart Merrill, de Rodolphe Darzens. Pour sa part, Fontainas y utilise le masque du Beau Ténébreux… La dispersion de la plupart des rédacteurs lors de la rentrée suivante met une fin prématurée à cette exaltante aventure. Mais le ton est donné et, dès avril 1883, dans une toute récente revue littéraire, La Jeune Belgique de Bruxelles, paraît le premier texte officiel d’André Fontainas, Rêve indien.


Revenu à Bruxelles pour y faire son droit, il fonde en 1884, lors de sa deuxième année d’études à l’ULB, une revue, La Basoche (nov. 1884 – avril 1886), qu’il dirige avec Charles-Henry de Tombeur. Dès lors, les collaborations de Fontainas aux organes littéraires belges ne cesseront plus. Tour à tour, ce sont L’Étudiant (également fondé par de Tombeur), L’Artiste, La Wallonie, La Jeune Belgique à nouveau, Le Coq rouge, Le Réveil qui publieront ses textes. Et de retour à Paris, le diplôme de docteur en droit de l’ULB en poche, c’est encore à Bruxelles, chez la célèbre Veuve Monnom, que paraît en 1889 son premier recueil Le Sang des fleurs.


Fontainas s’installe définitivement à Paris et deviendra bientôt un inamovible chroniqueur du « Mercure de France » où il jouera un rôle d’intermédiaire important entre les poètes belges et français, comme en témoigne son abondante correspondance. Il gardera toujours des attaches profondes avec la Belgique, terre privilégiée du Symbolisme.


En 1890, il épouse Gabrielle, sœur du poète André-Ferdinand Herold. Trois enfants naîtront de cette union, une fille, Andrée (°1893) et deux fils, Ferdinand (°1892) et Gabriel (°1897) qui, étrange et douloureuse coïncidence, décéderont tous deux à l’âge de dix-neuf ans !


En 1892, Fontainas est nommé receveur d’octroi de la Ville de Paris ; il gardera cet emploi durant 30 ans. Son deuxième recueil, Les Vergers illusoires paraît à la fin de l’année à la Librairie de l’Art Indépendant. Haut lieu de rencontre des symbolistes et des hermétistes, la maison fondée en 1889 par l’étrange poète Edmond Bailly édite, sous la célèbre « Sphynge » gravée par Félicien Rops, une bonne partie du jeune milieu artiste parisien. D’André Gide à Stéphane Mallarmé, en passant par Claude Debussy, Ferdinand Herold, Oscar Wilde, Pierre Louÿs, Bernard Lazare, Paul Claudel, Henri de Régnier, la plupart des jeunes créateurs paraissent à l’enseigne de la maison de la rue de la Chaussée-d’Antin. C’est sous le même emblème que seront publiés Les Entretiens politiques et littéraires, importante revue, à la couverture « sang-de-bœuf », à laquelle collabore toute la phalange des poètes symbolistes (1890-1893).


Introduit par son beau-frère Herold au Mercure de France, récemment fondé par Alfred Vallette (fin 1889), Fontainas va rapidement devenir un incontournable pilier de la « Maison » de la rue de l’Échaudé Saint-Germain, puis de la rue de Condé. Son premier texte, un poème (Épilogue), paraît dans le Mercure d’avril 1892 ; entre cette date et la fin de l’année 1896, il y alterne vers, proses critiques (notamment sur Georges Eekhoud, 1896) et notes bibliographiques. De 1896 à sa mort en 1948, André Fontainas ne quittera plus le Mercure. Il y tiendra successivement les rubriques consacrées à la critique d’art puis à la chronique théâtrale — qu’il cédera un peu plus tard à son exact contraire, le plus bougon des collaborateurs du Mercure, Paul Léautaud — avant de se consacrer à la chronique poétique qu’il conservera jusqu’à la fin.


Après avoir divorcé de Gabrielle Herold, il épouse en 1915, une jeune artiste Marguerite Wallaert, veuve du poète belge Charles Dulait.


Dès lors, la vie et les activités de Fontainas se dérouleront sereinement durant plus d’un demi-siècle, en parfaite harmonie avec l’homme paisible et doux qu’il restera jusqu’à la fin de sa longue existence. Scandé seulement par la parution régulière de ses nombreux ouvrages (poésies, romans, biographies artistiques, traductions, préfaces) et par les rencontres de quelques hautes figures du monde des lettres, son parcours ne présente aucun de ces scandales littéraires ou mondains, aucune de ces manifestations bruyantes qui ameutent les chroniqueurs. Leur fille Anne-Romaine (1916-2007) conservera pieusement le souvenir de ses parents dans leur appartement parisien.

Les oeuvres

Fontainas a narré avec beaucoup de simplicité ses riches années de travaux et de rencontres littéraires dans Mes souvenirs du Symbolisme  (1928, édition rééditée et augmentée de documents biographiques en 1991) et dans Confession d’un Poète (1936). Pour une approche plus intime de l’homme, on peut également consulter une transposition romancée de sa vie intitulée  Les Étangs noirs (1912).

Bibliographie

Outre les « usuels » (Dictionnaire biographique français, Talvart et Place,…), on n’omettra évidemment pas l’importante thèse de doctorat intitulée L’Œuvre d’André Fontainas défendue à l’ULB, au début de la Seconde Guerre mondiale, par Marguerite Bervoets et publiée en 1949 par l’Académie

 

Le Catalogue des Bibliothèques

  • Accès direct à CIBLE
  • Recherche rapide :

  • Le Catalogue des archives de la Réserve Précieuse

  • Accès direct à PALLAS
  • ©2006-2009 - Université Libre de Bruxelles - Bibliothèques

    Dernière mise à jour : 9 décembre 2009