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24/11/2010
Exposition : "ARS MORIENDI. Arts et usages funéraires en Pologne et en Tchéquie"L’ars moriendi slave et polonais en particulier est un art à part, tout aussi important que l’ars vivendi. Imprégnée de coutumes païennes, la façon de célébrer la mort reste dans les premiers siècles un moyen de résistance contre l’évangélisation forcée imposée par Rome. La mort, avec la danse macabre si bien représentée dans la picturalité du Moyen Âge, marque un trait de caractère important du peuple polonais : l’amour du rituel, du somptueux, d’une célébration qui, certes, met en évidence, dans l’iconographie funéraire, les sublimes piétas et tombeaux du Christ, mais souligne aussi l’envie de rire, l’humour noir, les têtes de morts et les squelettes souriants, le caractère insolite des personnages sculptés ou peints. La Renaissance apporte la magnificence du bon goût hérité de l’antiquité ; elle sort les sculptures des tombeaux et les splendides sarcophages de l’anonymat ; les artistes les plus connus se penchent sur les dernières demeures des rois, des princes et des magnats polonais. C’est aussi l’époque où les cimetières évangéliques et juifs trouvent leur plus sublime expression, à la fois à Cracovie et à Prague. Le Baroque apporte une innovation importante : le portrait du cercueil : gravité du regard, grimaces des visages, vêtements sont peints sur le vif… et prennent comme modèle le défunt lui-même, encore « chaud ». La tâche du peintre se montre donc particulièrement délicate. Aujourd’hui, l’art contemporain s’inspire du domaine funéraire et de son apparat dans la photographie ou dans les performances artistiques, renouvelant l’utilisation de tels accessoires, toujours parlants même si leur forme change au travers des siècles. Les nombreux artistes actuels osent aborder des sujets bannis du rituel funéraire, comme par exemple le suicide. Tout cela pour nous guider dans le questionnement sur nous-mêmes, sur nos tristesses et nos joies, sur nos émerveillements et nos dégoûts. Et quoi de plus naturel ? Car la mort est valable uniquement si nous accordons l’importance suprême à notre joie de vivre.
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Université Libre de Bruxelles - Archives & Bibliothèques
Dernière mise à jour : 2 mars 2010